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thème actuel : Transfert, savoirs, secrets. Qu'est ce que travailler ensemble ?

bibliographie du thème actuel

Lundi 4 décembre 2006 à 10 heures.
Saül Karsz est sociologue et philosophe.
Fondateur de l'association "Pratiques sociales" dont on peut consulter le site :
www.pratiques-sociales.org

De quelques inconvénients prometteurs du secret partagé.

L'instauration du secret partagé participe des mutations de fond et de forme qui ne cessent de traverser les pratiques psychiatriques, psychologiques, sociales.

C'est dans cette perspective qu'il convient d'analyser ce dispositif. Condition sine qua non pour comprendre ce qu'il ébranle au cœur de ces pratiques et ce qu'il interroge dans l'éthique des professionnels. Des respirations, des dégagements, des ouvertures en découlent. Ou pas.


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Rappel du thème de l'année :
La psychiatrie, depuis son origine, s'instaure de la demande qui lui est adressée : soigner celui qui est supposé « malade mental », et soulager les autres du fardeau qu'il représente ou de la crainte qu'il suscite. C'est pourquoi, en même temps qu'elle accueille la souffrance du sujet, elle a en charge les passions dont il est l'objet dans la société. La manière dont elle prend acte de cette double demande caractérise l'éthique qui est la sienne.
La référence à la psychanalyse place la pratique psychiatrique dans une tension inévitable : la méthode et l'éthique analytiques consistent à s'orienter selon la parole du sujet dans la voie de son désir, alors que la demande que les autres formulent à son endroit obéit à d'autres vœux.
Si le « levier principal du traitement » selon Freud est le transfert, comment faire avec la multiplicité des demandes et la pluralité des partenaires du traitement ? Dans le cas de l'enfant par exemple, comment être à l'écoute et prendre acte de son désir et en même temps accueillir la demande des parents, de l'école, de la médecine qui toutes prétendent parler au nom de « l'intérêt de l'enfant »? Si le transfert selon Lacan est lié au savoir (« sujet supposé savoir ») que faire du savoir sur l'enfant qui est mis en circulation dans les diverses instances de concertation ou les « réseaux » ? Que faire de l'impératif récemment apparu d'un savoir commun exigible selon la nouvelle règle du « secret partagé ? Comment se nouent transfert, savoirs et secrets ?
Ces questions se posent certes dans le rapport des pratiques psychiatriques aux autres pratiques sociales, mais elles se posent également dans la clinique elle-même. En effet, la psychose impose de considérer à nouveaux frais le partage de l'intime et du public, du privé et du public, car ce qui est « dedans » chez le névrosé est « dehors » pour le psychotique. Dès lors qu'il y a plusieurs intervenants dans la proposition thérapeutique (consultant, équipe du CATTP, de l'hôpital de jour, de l'UAFT, etc) comment se repérer dans les mouvements transférentiels qui passent des uns aux autres ? Y a-t-il un ou plusieurs transferts ? Le savoir produit dans un lieu peut-il, doit-il circuler dans les autres ? Existe-t-il un point de vue d'unification, homologue au sujet, un lieu de « synthèse ?
Toutes ces questions sont à la fois techniques et éthiques. Elles ne sont pas nouvelles - et il conviendra d'en évoquer l'histoire - mais elles ont une actualité particulière du fait de la demande sociale contemporaine. En effet le savoir « psy » est devenu un impératif et fait l'objet d'une pression hygiéniste et sécuritaire qui rend parfois difficile de faire valoir la singularité - et le secret qui lui est nécessaire - dans la pratique clinique.

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