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thème actuel : "Des Discours sur la famille"

bibliographie du thème actuel

Seront présentées des différentes conceptions du travail psychanalytique avec les parents, en particulier celles de Anna Freud, Mélanie Klein, Donald Winnicott et Jacques Lacan

Séance d'ouverture lundi 7 octobre 2013 à 10 heures à la Médiathèque de l'Agora d'Evry.

Vous pouvez, si vous le désirez, consulter un article qui nous servira d'introduction.

"Pluralité des transferts dans le travail avec les enfants" de Claude Boukobza.

Voici le lien : ecolpsy-co.com conférence boukobza.htm


Argument du séminaire 2013-2014

« Des discours sur la famille »

Dans le champ de la psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, les modalités de rencontres avec les enfants sont à interroger et à réinventer sans cesse à la lumière de la clinique.
L'une des particularités de cette clinique est liée au fait que l'accueil des enfants nous amène d'entrée de jeu à rencontrer leurs parents, qu'ils soient ou non à l'origine de cette demande.
La manière dont nous accueillons ces derniers, dont nous les associons, ou pas, à notre travail avec l'enfant, et la place que nous leur réservons le cas échéant, ajoutent à la complexité et à la richesse de cette clinique.

Depuis les premières théorisations dans le champ de la psychanalyse de l'enfant, dont Mélanie Klein et Anna Freud ont été les pionnières, cette question n'a cessé d'être posées et d'alimenter la dispute.

Mélanie Klein a élaboré sa psychanalyse de l'enfant, malgré les nuances par elle introduites, sur le modèle de celle de l'adulte. Il s'agissait pour elle de s'appuyer sur le transfert avec l'enfant pour interpréter ce qui, à travers ses jeux, pouvait être mis en scène de sa relation à ses objets d'amour, en premier lieu la mère, du point de vue fantasmatique. Les parents réels et actuels ne tenaient pour elle qu'une place secondaire, et elle s'en débrouillait selon les cas, plus qu'elle ne les associait véritablement à son travail avec l'enfant.

Pour Anna Freud, les choses se sont jouées d'entrée de jeu, et tout au long de ses élaborations théoriques, dans une tension permanente entre analyse et action éducative. Et c'est précisément cette position paradoxale qui l'a amenée à accorder une place prépondérante aux parents, considérant qu'ils avaient à accomplir un travail minimum afin que l'enfant puisse reconnaitre son implication dans ses symptômes, et se situer ainsi en tant que sujet.
Bien que les différentes modalités d'accueil des enfants et de leurs parents restent, aujourd'hui encore, sous-tendues par ces interrogations, la question n'est pas tant d'en retracer la filiation historique que d'en appréhender l'actualité à travers notre clinique. Actualité des effets de discours dans le social et dans la culture.

Il n'est pas question pour nous de se référer à un savoir, sur l'enfant ou sur ses parents, préalable à la rencontre, mais bien d'accueillir chaque famille comme si c'était la première. Ces rencontres singulières nous rappellent d'ailleurs sans cesse à quel point les tentatives les plus élémentaires de définition de ce qu'est un père ou une mère s'avèrent vaines, et sont autant d'obstacles à la rencontre de l'autre.
Qui peut prétendre savoir ce qu'est, ou ce que doit être, une famille? Ce que sont de « bons parents », ce qu'est une famille équilibrée ?
Lacan, en abordant la question non plus du point de vue d'une supposée « structure familiale », mais des « complexes familiaux » ne nous invite-t-il pas à faire un pas de côté salutaire.
L'éthique qui sous-tend notre travail, en référence à la psychanalyse, nous engage à aborder l'inconscient comme le champ d'un non-savoir, ou d'un savoir insu auquel le sujet seul est en mesure d'avoir accès. Nous travaillons cependant en perpétuelle tension avec les discours sociaux produits tant sur les enfants que sur les parents, discours de la science, discours du droit...voire discours de psychanalystes... Si le discours est ce qui règle les formes du lien social, il n'en reste pas moins ce à quoi nous sommes tous assujettis, ce qui nous surdétermine dans ce lien étroit que nous entretenons à un dire.

Les représentations culturelles de la famille ne cessent de connaître des remaniements qui en modifient sans cesse les contours.
Familles « monoparentales », familles « recomposées », familles « d'adoption »...et depuis peu, familles « homoparentales ». Mais existe-t-il « une » structure familiale, ou n'est-ce là que le reflet de notre incapacité à nous soustraire à des modèles « normatifs » empreints de préjugés moraux.
Les pédopsychiatres et les psychanalystes sont eux-mêmes invités, en place d'experts, à prédire les effets de ces mutations sur le devenir de l'enfant, donc de la société.
Nombre d'entre eux ne sont pas privés, forts de leur savoir, de prédire, avec le « déclin du père », celui de la société. Force est de constater pourtant que ces discours alarmistes n'ont eu de cesse de s'élever chaque fois qu'une mutation dans la société venait remettre en question des représentations érigées en vérités.
Ces mutations dans la société produisent-elles véritablement, à travers ces « nouvelles structures de la parenté », un nouveau Sujet coupé de ses racines supposées, ou n'est-ce là qu'effets de discours.

dates des séminaires 2017/2018

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